15.07.2008

post 14 juillet

Je ne me suis pas beaucoup manifestée ces dernier mois, Melbourne a été un sous marin, une vie d'essais, de rencontres, de collages.
Je suis de retour à Fremantle, déjà depuis 10 jours.

Samedi je m'envole pour le sud de l'Inde.


En attendant, je renoue avec mon passé, je vis ma vie de Desperate Housewife, je lis Virginie Despentes ou Levi Strauss, j'emballe, j'emboite, je pèse, j'envoie, je clique, je reclique, je cherche du travail à Paris, j'eventualise un tour du monde, je feuillette le lonely planete sud de l'inde, je conduis, je babysitt, je fais des maisons en carton, des volets en carton, des voitures en carton pour les surfs en carton, je m'interroge sur la meditation, je bois du thé, je roule, je conduis, je regarde les blondes, je repense à Melbourne, je sais que je rentre, je pense à rentrer, je pense au voyage, je pense à tous ces cons qui disent qu'ici il ne pleut jamais, il n'a pas arrêté depuis ce matin, je pense à la mousson, à la chaleur, je pense à tout ce à quoi je ne peux penser avant d'y etre, je conduis, je met mon clignotant, je roule à gauche, je lis "Anthropologie Structurale" de Levi Strauss à mon grand-père dans la maison de retraite aux murs marrons, je me demande ce que les coloristes ont dans le crâne quand ils repeignent toute une maison de retraite en beige marron, je roule, je regarde le ciel quand les nuages se multiplie, je mange chez ma cousine, je mange chez la voisine, je mange avec Dave, avec Bulan, avec Clare, je passe chez l'autre cousine, je mange aussi, je fais du vélo d'appart, je regarde des DVD, je surf sur le site de l'ANPE, encore, j'essuie des non et des non-réponses, je veux repartir en tour du monde, je passe au marché, jachete une fausse alliance dans un magasin de bijoux gothique, je mate les blondes et les hippies retardés, je regarde des DVD, je reprend la voiture, ouvre le portail et referme le portail, je visite mon grand-père qui s'en fout du 14juillet, je parle à ma mère pendant longtemps au téléphone, je marche à la mer, je fais demi tour et remarche sur la plage cette fois ci l'océan à ma droite, je regarde les surfers, je regarde les kyte-surf, je lis Sartre dans le vent de la plage de Leighton, je rentre, je m'etire, je ferme les portes, j'ouvre les portes, j'ecris mes contacts, je relis mes emails, je m'interroge sur la semaine prochaine, je m'interroge sur la vie prochaine, je pense au Transsiberien, je passe au supermarché, je n'aime pas les packagings des gâteaux, je n'achete pas de biscuits, je recuit des pommes, je cuit des carottes, je mange de la viande, je monte les marches, descend les marches, je ris et des fois je m'ennuie, je prend des short cuts, je repense à Melbourne, à Michele, puis à Paris, à chez moi, je pense à ces mois passés trop vite, j'envoie des emails, je paie mon amende des tramways de Melbourne, je grave des CD d'images, j'ecoute cette satanée pluie, je regarde le pape descendre les marches de son avion à Sydney, je me dit que les papes sont toujours vieux et que c'est ce qui tient les croyant, ils le suivent avec une tension d'un public qui regarde un verre en crystal rouler doucement sur le sol, la foi c'est de la peur et de l'espoir en même temps, pourvu qu'il ne tombe pas, je regarde les gens chanter pour le pape dans la rue, je regarde les aborigènes boire sous l’arbre, je connais les rue par cœur, je sens l’habitude venir, je sens que je dois partir, je regarde Ingrid Betancourt libérée, je crâne en conduisant le pick-up blanc de Bulan, je crane en faisant marche arrière à la station service, je me dit que crane, crane et crâner et crâne c’est le même mot et c’est plein de significations différentes en français et en anglais, je repense à ma blueberry theory (voir blueberry), je m’invente 1000 vies sur les sites de travail, en France et à l’étranger, je fais des paquets, je scotche, je gomette, je dors, j’ecoute la pluie…. La semaine prochaine à la même heure je serai à Mamallapuram, je me dirigerai vers Pondichery, je veux partir demain, mon sac est prêt. A bientôt.

29.01.2008

Ma Nouvelle Zélande

Chers lecteurs, chers amis,
Comme vous avez pu le constater, les images ont dépassé mes mots ce mois dernier dans le pays du grand nuage blanc… Petit rattrapage pour nourrir les photos.
Je suis arrivée en Nouvelle Zélande après un noël brûlant sur la côte EST Australienne, il faisait 43degrés à mon départ... L’accueil à Auckland fut un océan de calme et de partage dans la famille de Yeshe.
Je suis restée quatre semaines dans cet impensable pays…
NEW YEAR WEEK : La première semaine, une fois le trio recomposé, Emma, Emilie et moi, nous sommes parties dans le nord d’Auckland pour rejoindre une clique de bière et de rires, de doutes et d’adoption… Ils écoutaient du punk, nous baissions le son… ils rejoignaient leur tente, nous faisions les poupées dans la caravane. Ils buvaient, on faisait des sushis… puis on a bu aussi et on a regardé les étoiles, surtout, lentement enfoncées dans le sol après avoir prétendu au titre de championnes de bodyboard du Pacifique ! Nous nous sommes retrouvés autour de l’incontournable fish and chips, ou dans des Stations Wagons sur des routes caillouteuses, nous avons ri et pleuré et fêté 2 jours de l’an, le leur, et le français !!
I LOVE THE ROAD : Emilie et moi dans un Station Wagon (decidement j’adore cette voiture), pour deux semaines de route… Je suis Robert et je conduis, elle est Jacqueline, parfaite co-pilote qui chouchoute son Robert et lui prépare des apéros carotte fromage après de longues journées de conduite. Depuis Auckland, nous longeons la côte vers l’est. Nous allons jusqu’au bout du monde, East Cape, les éléments sont si présents, on se souvient du bruit du vent, du son très grave des vagues très loin… En terre maori, les visages changent, les constructions sur les bords de mer sont surréaliste. Je manie la boite automatique et nous arrêtons dès que le pays nous offre ces cadeaux, ces vues, ces rochers, ces arbres… En une journée nous traversons le Canada, la forêt tropicale, la suisse, la côte d’azur… Nous dormons tous les soirs le coffre face à la mer pour des panoramiques matinaux innomables, et une nuit dans un backpacker tenu par un norvégien, veritable petit royaume des gnômes oubliés ! Désorientées mais la carte sous le nez, nous descendons jusqu’à la capitale Wellington, visiter mes amis Flo et Mat. Un vrai lit, un repos, mais pas trop, la ville mon élément, sortir, voir des gens… Personne ne nous avait prédit une si belle route du retour… sur la côte ouest, le mont fuji (Taranaki en vra), des heures de gravel road, des plages au bout d’un tunnel, dormir entre des vaches et un cimetière au bord du sable noir… Nous manions le camping gaz et l’opinel, le matin je met Michel Berger, et déjà, la grand ville n’est déjà plus si loin… Les aventures se raconteront plus doucement, en face à face, avec les gestes, avec les rires et avec ce que l’on oublie bien sur…
La dernière semaine à Auckland fut lente et rapide à la fois, j’attendais mon départ pour Melbourne, j’allais retrouver mes amis perdus depuis 12ans et je faisais connaissance encore un peu plus avec la famille de Yeshe… 
Je n’avais pas beaucoup approché la culture Maori durant ces semaines. A l’aéroport, quand Emma et Emilie m’ont laissées, un grand cri sorti de nul part, je pensais à une bagarre. Mais je me suis avancée et j’ai vu ces enfants chanter et danser le Aka pour des membres de leur familles qui embarquaient alors, les larmes aux yeux et les cris francs m’ont alors fascinés… mais déjà je partais, et devais peser mon bagage à main sous les yeux méfiant de l’employée de l’aérogare…

21.12.2007

Relire un livre au bon moment

Il y a des moments propice à la relecture d'un ouvrage, une athmosphere qui fait que le livre prend tout son sens. Je relis "Espèce d'Espace" de Georges Perec. Je le conseille à tout le monde. Il faut juste le lire au bon moment... En voici la preface :

L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne. Nous cherchons rarement à en savoir d’avantage et le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espace. Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le ré-inventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement…), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie.
C’est à partir de ces constatations élémentaires que s’est développé ce livre, journal d’un usager de l’espace.

G.P